Northanger Abbey – Jane Austen


Elizabeth, Emma, Anne et maintenant Catherine. Orgueil et Préjugés, Emma, Persuasion et maintenant Northanger Abbey. Quatre romans, quatre femmes, quatre histoires, quatre lieux, quatre ambiances. Je découvre la quatrième fille de Jane Austen et si ma préférée restera à jamais ma chère Emma, j’ai passé un très bon moment avec Miss Morland à Bath et pris grand plaisir à découvrir les aventures de notre héroine… en version originale.
Northanger Abbey est une immersion dans l’univers bruyant, agité et fastueux de Bath. Les bals, les réceptions, les soirées au théâtre, les rencontres et achats de belles robes sont désormais le quotidien de la naive Catherine, jeune adolescente habituée à la tendre campagne anglaise, loin des dissimulations, des manipulations et des mensonges de la société. Retirée parmi les champs verdoyants, elle passe habituellement ses journées dans l’enceinte imaginaire des romans d’Ann Radcliff dans lesquels des choses horribles se déroulent. Accompagnée de ses chaperons, les Allen, Catherine fait son entrée dans la société de Bath où elle rencontre, entre deux bals, sa grande amie Isabelle Thorpe. Cette dernière lui ouvrira de nombreuses portes et n’hésitera pas à être prodigue en conseils pour se faire une place dans cette société et peut- être rentrer chez elle fiancée…

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Le temps d’un  »chaud »colat

lectures estivales

Un arrière gout d’été : On prend le bon parti des choses, certes, mais l’été nous manque quand même encore un peu. Fanny du blog Livresquement nous livre une très belle chronique fraiche, concise et complète sur un roman qui me tente depuis longtemps ; Since you’ve been gone de Morgan Matson.

Un automne magique J’ai lu le premier Harry Potter en Septembre 2010 et six ans plus tard,  je retrouve l’univers merveilleux et enchanté de Poudlard à travers les fanfictions de six bloggeuses géniales : Camille et Pauline ( alias Les Petites Lectrices) Sandrine  (Au fil des mots ) Lil ( L’univers de Lil) Léna (Un univers de livres) et Honorine ( Le Blog-livre d’Honorine ). Ces dernières nous embarquent pour une nouvelle année à Poudlard grâce à leur fanfiction collective intitulée  » It’s all your fault » dont les chapitres sont publiés à tour de rôle sur leurs blogs respectifs.

 Au programme : une ambiance immersive, de la magie bien entendu, des mystères, des livres, du suspens mais surtout des personnages très plaisants, aux caractères bien différents qui rendent cette épopée plus qu’agréable. Un projet de grande ampleur, qui pour le moment, est parfaitement maitrisé ! Effet  »Madeleine de Proust » assuré !
Tout est expliqué par Sandrine ici :

Deux belles bibliothèques : J’aime beaucoup contempler les bibliothèques des autres, alors quand des jumelles publient quelques photos photos des leurs, mon bonheur est multiplié par deux. Finalement, c’est tout leur blog que je recommande car vous y trouverez à la fois des chroniques de livres YA, thrillers, bit-lit et classiques avec de temps en temps de la musique. Vous pourrez tous y trouver quelque chose d’intéressant !

A great review : Gatsby le Magnifique fut un énorme coup de coeur pour moi. Un des nombreux coups de coeur de mon été. En attendant ma chronique qui n’attend qu’à être publiée, je vous propose celle de Stella. Elle a également beaucoup apprécié sa lecture qu’elle qualifie de  »fantastique », de  » presque coup de coeur ». Elle nous donne son avis avec chaleur et entrain. Vous ne pouvez que succomber.

Do It Yourself ! Les Petites Lectrices, après avoir fêté leurs deux ans ( encore bravo !) continuent de se diversifier en se lançant dans le DIY. A l’occasion de la rentrée elles nous proposent des astuces sympathiques et rapides pour personnaliser nos affaires. Je viens d’ailleurs d’acheter du Masking Tap et j’ai envie d’en coller partout !

Vous voulez un Chat Mallow ? Encore une fois, je vous propose cet article sur la personnalisation des agendas pour mieux vous encourager à découvrir le blog entier de la pétillante Cléa ! Elle y parle de tout, mais toujours avec passion et sincérité. J’aime énormément le design ainsi que la personnalité de la bloggeuse ( rappelez-moi de lui dire dans un commentaire  !). Jamais avare de conseils, ses articles remotivent et sont vecteurs de bonne humeur !

Please don’t stop the music !  Si à la base je voulais vous parler du blog de Célia pour mettre en lumière son pertinent article sur la fac, je choisis finalement de partager sa playlist qui vient de me taper dans l’oeil ( ou dans l’oreille ). Si certaines des chansons proposées ne sont pas de mon gout, deux sont des coups de coeur et je ne pouvais pas ne pas en parler ! Maintenant la foire aux spéculations est ouverte : quelles sont donc mes chansons préférées ?
(Indice : si un jour je vais au Canada, je passe chercher Sandrine et je l’emmène directement à Otawa en filature.)

Il est où le bonheur, il est où ? Goutte nous prouve que l’on parler d’économie sur un blog jeunesse tout en restant passionnante. Elle nous propose deux livres en articulant son article sur la question du bonheur.  Existe-il une corrélation nécessaire entre le bonheur d’un peuple et le développement économique d’un Etat ? Daniel Cohen en s’emparant du paradoxe d’Einsterlin nous prouve que nous. Cela nous pousse à nous interroger sur les moyens d’obtention du bonheur et les raisons qui font de nous des éternels insatisfaits. Parfait pour les néophypes en philo.
Et enfin, doit -on déménager au Danemark pour être heureux ?  Malene Ryhdal défend avec entrain son pays natal et nous expose les bases d’un système qui rend ses habitants heureux. 

Songe à la Douceur Mathilde qui parle de Songe à La Douceur, ça n’a pas de prix. Ca se passe de commentaires.

Herby’s Book La bloggeuse Herby’s Books se lance sur la plateforme YT et n’attend que vos abonnements. Sa voix douce et son élocution parfaite ont eu raison de moi. Je suis sa progression avec beaucoup d’intérêt.  Je vous laisse avec un de ses TAG, imaginé à la base par Saleanndre, qu’elle ne manque pas de citer !

 


Book Inspired LookBook. On ne pas le nier cette vidéo de Abookutopia n’a pas grand intérêt, mais je la trouve très sympathique et surtout originale !

Let’s do it Let’s Fall in love : Je suis tombée en amour avec Midnight in Paris ( vu en VO c’est un comble !) et la BO n’est pas pour rien. Je vous laisse avec cette chanson de Cole Porter. Immersion dans les Roaring Twenties assurée !

Cet article est déjà beaucoup trop long, et pourtant cette sélection ne représente qu’un maigre échantillon des articles qui ont retenu mon attention ces derniers temps !
Une bonne excuse pour refaire une autre édition !

BON WEEK-END ET BONNE DEGUSTATION DE CHAUDCOLAT !!

Rebecca – Daphné Du Maurier


 !! SPOILERS EN GRIS !!
Rebecca est un roman marquant dont les ondes nous percutent bien longtemps après notre lecture. Du matin au soir ou  plutôt jusqu’à très tôt le matin, il vous suivra, vous bercera, vous effraiera, vous délectera, vous élèvera. Rebecca est un coup de cœur, même si je lui reconnais un ou deux défauts qui ne méritent pas d’être mentionnés, ils s’oublient vite et disparaissent rapidement.

 

Avez-vous déjà essayé de vous battre contre une ombre ? Avez-vous déjà essayé de tuer un fantôme ? C’est impossible. Pourtant c’est ce que devra faire notre narratrice après avoir épousé Max de Winter, un riche anglais à peine sorti de son veuvage. Avec sa précédente femme,la fameuse Rebecca,  ils formaient le couple parfait. Jeunes, beaux, aisés, joyeux, ils avaient l’avenir devant eux, et, reclus dans leur somptueuse demeure de Manderley, ils ne se laissaient pas effleurer par les problèmes et autres tracas du quotidien, vivant comme hors du temps. Pourtant la réalité les rattrape au moment où la mer furieuse s’empara de la vie de Rebecca. Commence alors une longue vie d’errance et de tristesse pour Max avant qu’il n’aperçoive une lanterne briller au  fond des ténèbres : notre narratrice dont on ne saura jamais le nom. Pourtant tout les oppose et rien ne les destine au bonheur.

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Titus n’aimait pas Bérénice – Nathalie Azoulai


Après avoir lu Phèdrequi m’a plus étonnée que plu, j’ai eu très envie de découvrir un peu plus l’univers de Jean  Racine mais surtout, j’étais motivée par la nécessité de comprendre. Comprendre pourquoi il écrivait de cette façon. Comprendre comment il parvenait à écrire de cette façon. Comprendre pourquoi ses personnages étaient si torturés, si mauvais, si pathétiques et cruels. Désormais j’ai des éléments de réponses, mais au-delà de cela, j’ai trouvé cette parenthèse au cœur du XVIIème siècle magique grâce à l’écriture très particulière de Nathalie Azoulai.

Il faut vous prévenir d’emblée, cette œuvre s’apparente davantage à une biographie romancée de Jean Racine qu’à une réécriture de Bérénice. Certes, nous suivons en filigrane l’évolution du chagrin amoureux d’une certaine Bérénice, mais cela n’est qu’un prétexte ingénieux pour aborder et explorer en profondeur la vie et la psychologique du dramaturge classique. Ainsi durant quelques centaines de pages nous apprenons à faire sa connaissance, nous le côtoyons et l’accompagnons dans son parcours d’homme de lettres. Et lorsque nous nous séparons momentanément  de lui pour retrouver Bérénice et sa douleur, ce n’est que pour mieux se rendre compte à quel point son œuvre est intemporelle et universelle.
De plus, cette biographie est des plus immersives grâce au style adopté. S’offre à nous un long fleuve de mots, de pensées. Une sorte de monologue intérieur qui n’en est pas vraiment un. Comme si notre Bérénice retraçait intérieurement la vie de son médecin du cœur : Racine. Il n’y a aucune marque de dialogue et pourtant les personnages interagissent. Il n’y a aucune marque de citation et pourtant l’auteure insère dans sa prose des vers de Racine ou d’autres. Elle n’hésite pas à jouer avec notre mémoire, à faire appel à nos connaissances, en somme, elle exploite le plus possible les procédés de la réécriture.
De Port-Royal à Paris, de Paris à Versailles, de Versailles aux champs de bataille, nous découvrons le jeune Jean, puis assistons à la naissance du grand Racine mais c’est le biographe officiel du Roi que nous accompagnons jusqu’à la toute fin. C’est une plongée dans la psychologie de l’auteur que nous propose N. Azoulai. Sous sa plume, elle dévoile tous les mécanismes de son cerveau, expose toutes ses envies, ses ambitions, relate ses échecs, ses réussites. Ainsi, Jean a besoin de vivre, d’exister à travers une autre personne. Il a le besoin de projeter son ‘’moi’’ dans quelqu’un d’autre. Il ressent la nécessité de se trouver un jumeau, un miroir de lui-même, avec lequel grandir. Il diffracte son être et c’est ainsi que rencontrons les amis, les maitres, les ‘’autres lui-même’’ qui gravitent autour de lui : Nicolas, Jean, Pierre, Jean-Baptiste ; plus connus sous les noms de Boileau, La Fontaine, Corneille,  Molière. Plus qu’un rival, Corneille a aidé Racine, sans le vouloir, à se perfectionner. Dans un principe d’émulation, Jean veut le dépasser et cela le pousse à toujours travailler tant et plus.  Il ne peut nier que sans Corneille il n’aurait pas existé, mais cela ne l’empêche pas de ressentir une haine sourde pour lui. Une haine mêlée d’admiration…
Avant d’écrire, les dramaturges sont des hommes. Avant d’écrire, les dramaturges sont des spectateurs, des lecteurs.  Ils forgent leur style au contact des autres.Ils s’inspirent, s’insurgent, imitent, s’écartent, rectifient, améliorent, amplifient. Dans son enfance, Racine découvre Virgile et tous les autres grands auteurs antiques qui formeront le terreau de ses œuvres. C’est en les traduisant du latin qu’il appréhende la langue française. Il dissèque, coupe, entaille la langue et ne cache pas son ambition de donner au royaume de France, de donner à Louis XIV une langue pure, parfaite, grande mais limpide. Par conséquent, il hait le langage des salons : trop gras, trop édulcoré mais découvre dans ce genre de réunions que la doctrine principale à Paris est de plaire et de toucher, ce qu’il s’efforcera de faire durant toute sa vie.
Toutefois Virgile n’est pas le seul à l’avoir inspiré. Nous nous rendons compte à quel point l’œuvre et la vie de Racine sont liées, indissociables. L’œuvre découle de sa vie, les personnages n’émergent non pas de son cerveau, mais bien de son cœur. D’ailleurs, ces derniers semblent vivants, avoir côtoyé le dramaturge. De papier, ces êtres deviennent de chair. Phèdre, Andromaque, Bérénice n’ont jamais semblées si vivantes…. Et cela tout simplement parce que ces femmes  arrivent à des moments clés du parcours personnel de Racine. Chacune signe l’aboutissement d’une étape dans son apprentissage de l’amour. Ce dernier est scindé en trois étapes et marqué par trois femmes, réelles et fictives. Ainsi, ses pièces se font le témoin de ce parcours.  Si Racine délaisse l’action, si ses personnages se font le contre-modèle du héros cornélien en devenant faibles et cruels, c’est pour mieux observer les mécanismes de la passion et de la psychologie humaine. Nous sommes tous des monstres, ne l’oublions pas et Jean le premier. L’amour, au lieu d’élever, rabaisse. Le sublime appelle le pathétique. L’antithèse est à la base de la tragédie, est au cœur  de toute intrigue, de tous personnages… au centre-même de Racine
Partagé entre l’amour divin, exclusif, et l’amour humain, multiple, il enchainera les écarts et les rédemptions. Entre Didon et sa tante Agnès, il choisira d’abord les feux de la première mais trouvera le repos auprès de la seconde…
Une lecture passionnante, immersive qui vous surprendra. Vous en apprendrez autant sur Racine que sur ses pièces et cela d’une manière très plaisante grâce au style pur de l’auteure.

Eugène Oneguine de Pouchkine


Ce roman en vers végète dans ma Pal depuis très longtemps. Depuis l’annonce que Clémentine Beauvais se lançait dans une réécriture de ce chef d’œuvre russe, pour être exacte. A savoir il y a plus d’un an. J’ai attendu car, je l’avoue, il ne faisait pas partie de mes lectures prioritaires, puis le bon moment ne se présentait pas encore. J’attendais que ce roman s’impose à moi, comme une évidence. Puis ce moment tant attendu est enfin arrivé et c’est ainsi que je me lançais dans cette lecture, dans cette aventure d’un autre temps, d’un autre pays et pourtant intemporelle et universelle.

Eugène Oneguine c’est,

Le froid de la neige et La brulure de l’amour
La blancheur diaphane de la lune et Les ténèbres  de l’âme tourmentée
L’innocence, la fougue, la spontanéité, l’espoir de la jeunesse et la froideur placide des désillusions
Le dédain mortel et le rêve salvateur
Les remords du passé et les regrets du futur
Les volutes de fumée s’élevant du thé chaud, les mots murmurés, les regards lourds de signification, et les cœurs éloignés, distants, opposés
Le bruit nasillard des pleurs et la musicalité
Eugène Onéguine c’est,
Tatiana, Eugène, Lenski, Olga
Un équilibre fragile
La jalousie, l’envie, la vengeance, le drame
Le blanc de la neige et le rouge du sang.
Une retraite tourmentée au fin fond des prés
Les Muses, la France, la poésie,  la Russie,
Les soupirs énamourés et les vitres embuées témoin des secrets, des rêves interdits
L’hiver et le printemps, la Néva et les patins, Saint Pétersbourg et le chant des oiseaux
Eugène Oneguine c’est,
Les plaisirs vains trop tôt et l’essence de la vie trop tard
La fuite du temps et les sentiments à contretemps

L’amour à retardement et la promptitude du châtiment
Eugène Oneguine c’est,
Un roman en vers qui s’inscrit pleinement dans le courant romantique, avec ses excès, sa poésie, ses louanges à la nature, ses envolées lyriques. C’est un roman passionné, passionnant où l’on entend quelques notes d’ironie.
C’est une histoire d’amour ? Non, c’est Eugène Oneguine

Que lire après  »La Part de l’Autre » ? – AMOK de Stefan Zweig

J’ai pensé que Zweig pouvait me redonner gout à la lecture. Après le cataclysme que provoqua en moi La Part de l’Autre de E.E.Schmitt, je n’arrivais plus à lire un seul mot d’un autre auteur. Cette lecture m’a fait considérer les choses, les Hommes, L’Histoire sous un nouveau jour. Je terminai ma lecture dans un piteux état. J’assimile cette lecture à une nouvelle naissance tant ma vision du monde a été bousculée.

La portée du message dépasse largement le cadre de la Seconde GM et concerne toute personne, tout groupe extrémiste quel qu’il soit, ou qui pense détenir la Vérité quelle qu’elle soit ou encore qui s’adonne à des raccourcis et schémas simplistes et réducteurs. En dépouillant le roman de tous noms ou références explicites ou implicites au XX ième Siècle et en conservant uniquement la substance essentielle du roman, il nous appparait dans toute son actualité, dans toute son
Ode à l’altérité, La Part de L’autre nous dévoile une autre face de l’Humain, nous délivre une définition complexe de l’Homme, éloignée de tout manichéisme et nous interroge sur la part d’ombre qui sommeille en chacun de nous. Un monstre cohabite avec nous et ce sont nos choix qui permettront de le réduire, nos choix et notre ouverture à l’Autre. L’autre, l’expérience de l’autre nous permet de nous inscrire dans la réalité et d’échapper à toute image fausse et tronquée de la vie et du monde. On ne le répètera jamais assez, mais s’ouvrir à l’autre, c’est abattre tout principe de supériorité et vaincre l’intolérance.
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Ode enthousiaste à l’amour et à l’amitié, à l’art, au progrès et à la fidélité. Horreur et douceur s’alternent et se côtoient. Nous assistions au meilleur et au pire, découvrons à un parcours initiatique hors norme et sous la plume de l’auteur voyons la face du monde changer pour soit sombrer, soit s’élever.
Nous nous laissons emportés par deux histoires à la fois liées et distinctes, tantôt assourdis par les cris d’un foule en délire, les éclats d’obus ou les operas de Wagner et tantôt touchés par des mots doux murmurés.
Préparez vous à voyagez dans l’espace, dans le temps, mais surtout au cœur de l’Humain.

Ce n’est pas une chronique. Ce n’est rien du tout à part des mots épars qui reflètent mon état d’esprit.  Le chroniquer me parait périlleux. Je n’ai pas le talent de Schmitt pour expliquer sa théorie sans heurter ou engendrer  de contre-sens. Ce qu’il explique en quatre cent pages ne peut pas, à mon sens, être défendu en mille mots.
Tellement de chose à dire, oui, mais à écrire, peut- être pas..

J’ai essayé de lire un livre jeunesse – L’Héritière pour ne pas le citer- qui m’a paru bien fade, voire ridicule. Je l’ai abandonné au bout de quelques chapitres. J’ai vite compris qu’essayer de changer mon esprit avec des choses légères serait vain. Deux choix s’offraient à moi : continuer sur ma lancée et lire d’autres ouvrages sur ce thème pour essayer de comprendre, pour apprendre l’Homme ou attendre. J’ai attendu. Frustrée, j’ai attendu. Puis je me suis dit qu’une nouvelle de Zweig pouvait être bien pour reprendre la lecture. On n’est jamais déçu avec Zweig ? Eh bien, non, on n’est jamais déçu avec Zweig, surtout quand il s’agit d’Amok. Ce n’est pas un coup de cœur, vous savez pourquoi. J’étais encore trop empreinte de ma précédente lecture…
Retrouver les mots de Zweig était rassurant. Encore une fois, la structure du récit est similaire à ses autres récits. Un narrateur, un voyageur de passage se fera le confident d’un homme tourmenté, rongé par le remords, par la passion, par la folie. Muet sous le ciel étoilé, dans un cadre magique, irréel, hors du temps, il écoutera l’Homme, l’Amok conter sa descente aux Enfers. L’Amok, en malais, correspond à l’état de transe, de folie, d’ivresse qui saisit subitement un homme et qui le conduit à la mort après une longue course éreintante. Traditionnellement, un Amok désigne un fumeur d’opium, or, ici ce n’est nullement le cas. Notre homme est fou, peut-être pas d’amour, mais au moins de désir. Nous, lecteur, sommes pris par ce récit exotique et cruel et nous plongeons, tel un Amok, sans reprendre notre souffle,  dans cette lecture passionnante qui ne nous laisse aucun répit.
 
Une fois encore, Zweig privilégie les antithèses, mais ici d’une manière plutôt originale car il nous propose un affrontement, un duel pour être exacte. Un duel entre un homme et une femme où les rôles entre demandeur et pourvoyeur  sont interchangeables, ambigus. Mais la dualité s’inscrit également dans les personnages et les sentiments. La femme est dominatrice mais a besoin d’aide ;hautaine, elle fait pourtant pitié ; orgueilleuse, elle se rabaisse. L’Homme, L’Amok, la veut, mais la méprise. Il l’aime, mais veut l’humilier. Il veut l’aider et l’anéantir. Il est bon, mais fou. Il est fou mais bon. De leurs échanges en ressort une tension énorme. On ne peut que retenir son souffle et suivre l’Amok dans sa course éperdue.
Zweig, admirateur de Freud, prête une attention méticuleuse à la psychologie humaine. Aucun rouage ne lui est inconnu et il n’hésite pas à complexifier les rapports humains. De cette ambiguité nait le doute et jusqu’à la dernière page nous ne saurons jamais sûr de l’issue de cette histoire.

En somme, de fut une lecture intense, particulière, mais mon Zweig préféré reste pour le moment Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, se plaçant un tout petit peu plus haut que Lettre d’une Inconnue dans le palmarès. Après Marie-Antoinette, il me tarde sa version de Marie Stuart, car il ne se contente pas de délivrer de manière académique des faits et des dates sur un personnage historique, il réinvente totalement la femme et nous invite à voir l’Humain avant la Reine.

Alexis Moncorgé a adapté cette nouvelle pour le théâtre, malheureusement je n’ai pas pu assister à une des réprésentations, mais c’est après avoir vu la bande annonce que mon envie de découvrir la pièce a redoublé. Charlotte donne son avis sur la prestation  ici

Malgré moi, quelques semaines après avoir écrit cette chronique, je suis revenue à La Part de l’Autre. J’ai rouvert mon exemplaire, ait relu mes notes avec la furieuse envie de le relire. Je me suis plongée dans le journal d’écriture de Schmitt avec, cette fois, l’envie de comprendre comment avait été ce roman et surtout pourquoi. Le verbe comprendre commence à devenir un leitmotiv dans cette chronique mais c’est vraiment ce qui m’anime. Ce roman aura définitivement marquée l’été de mes dix- sept ans et je ne cesse de repenser à ces heures de lecture avides…
 

Eric Emmanuel, Schmitt, je pense vous avoir compris,  et c’est ma façon de vous répondre.

Pride and Prejudice & Shakespeare In Love


Deux adaptations de classiques, un roman du xixème, une pièce du xvième. Deux noms qui font briller les Lettres anglaises : Shakespeare et Jane Austen. Du talent, de l’art et de la romance. De la romance, de l’art et du talent. Des réalisations parfaites et des acteurs justes en communion avec leurs rôles. Deux films qui font rêver même si je l’avoue, ne m’ont pas transportée aussi loin que je l’aurais voulu…
Shakespeare in love
 Joseph Fiennes, G.Paltrow, J.Dench, B.Afflek, C.Firth
 
Ce film rend, à mon sens, parfaitement hommage à la dramaturgie shakespearienne. L’illusion, le doute, la dissimulation sont au cœur du théâtre et du film. Nous rencontrons un certain Will qui lutte ardemment pour voir représenter sa plus grande pièce jamais écrite sauf… qu’elle n’a pas dépassé le stade de projet. Nous sommes plongés dans le monde des artistes du xvième siècle, nous parcourons les théâtres, découvrons la compétition qui s’installe entre les différentes compagnies, les rivalités entres les auteurs, en somme : l’envers du décor. Will, bon vivant, cherche l’inspiration partout en même temps qu’il se bat contre les fantômes du passé. Nous rencontrons l’homme fougueux et sombre, l’artiste passionné et entier, l’amoureux transi et fou. Dans les rues sales et encombrées de Londres apparait soudain une jeune fille blonde, fraiche, riche mais éprise de liberté, rêvant d’amour et de grands vers, une jeune fille nommée… Viola.

 

Nous les suivons, pas à pas, étape par étape, dans leurs batailles, leurs doutes, leurs peurs. Cette nouvelle aventure va rendre l’inspiration à William et lui permettre d’écrire cette fameuse pièce dont le nom est connu de tous.

 

La réalisation permet de mettre en place un jeu complexe entre fiction et réalité où les vers magnifiques trouvent un écho dans la vie personnelle de Will, à moins que ce ne soit le contraire… Les acteurs sont nombreux et de grandes stars nous font la surprise de venir s’ajouter à la horde des personnages. Bien que passagers, ils apportent de la lumière aux scènes et marquent à leur manière le film.
Judi Dench incarne parfaitement la règne magnanime et hautaine, G. Paltrow est la fraicheur personnifiée, Fiennes joue admirablement bien l’artiste impertinent, novateur un peu menteur mais charmant. Si j’use et abuse de superlatifs c’est vraiment que ce film le mérite ! Le décor, les dialogues permettent de recréer le cadre de l’époque élizabéthaine. Ce film attire également notre attention sur  difficultés auxquelles sont confrontés les artistes, concernant notamment l’argent et les droits d’auteur ou encore la condition féminine. En somme, ce film m’a presque donné envie de relire … Je pense que vous avez deviné, mais je vous laisse la surprise !
Pride and Prejudice
Keira Knightley, Matthew Macfadyen, Simon Woods,Rosamund Pike, Judi Dench, Donald Sutherland
 
Cela fait des années que je voulais regarder ce film après le coup de cœur que fut l’œuvre de Jane Austen. C’est le lendemain du visionnage du film que je me suis rendue compte à quel point j’avais aimé et combien loin les images du film me poursuivent. C’est un film doux, calme, un peu lent au début, certes, mais tellement agréable.  On prend son temps pour rencontrer les personnages, apprécier les caractères authentiques loin d’être simplistes. J’ai retrouvé l’ambiance cacophonie de la maison de Lizzy, l’air un peu étouffant des bals de Bingley, la candeur de Jane, la frivolité de Lydia, l’orgueil de Darcy et bien sûr les préjugés d’Elizabeth. Les airs hautains de l’un, l’espièglerie de l’autre font tout le charme de ce film, même si j’aurais voulu que les joutes verbales soient plus présentes.
De plus, il me semble que l’héroine paraissait un peu plus orgueilleuse dans le livre, moins lisse, moins drôle, en somme un peu moins sympathique. Les deux héros livresques font un véritable travail sur eux-même, essaie de combattre leurs défauts, et j’ai trouvé cet aspect un peu occulté en ce qui concerne Lizzy.  
Comme dans le film précédent, les dialoguistes et scénaristes rendent hommage à la langue d’Austen en ajoutant des dialogues piquants et impertinents. De plus, les décors ainsi que les détails sont importants et tendent à recréer, d’une part,  l’ambiance feutrée des livres et d’autre part, à attirer notre attention sur l’évolution des sentiments des personnages. Si nous n’avons pas accès à leurs pensées, leurs gestes et expressions les trahissent, toute notre attention est donc requise.
Tout le monde trouve sa place dans ce grand désordre, chacun ajoute sa note particulière et cela crée une grande harmonie. Toutefois, il arrive que  tout s’évanouisse, tout disparaisse autour du couple principal et cela fait ressentir avec une intensité encore plus grande la nature de leurs sentiments ou la violence de leurs dilemmes, de la lutte qu’ils entament contre eux-mêmes. Certaines scènes m’ont littéralement marquée par leur force, par le jeu tantôt réservé, tantôt intense alors que quelques touches d’humour parsemées par ci par là nous égaillent. Le mélange des registres est opéré avec prudence et je n’ai rien à dire quant à l’enchainement des scènes qui se fait naturellement, sans heurt, avec le plus grand naturel.
Un film parfait durant les nuits d’été ou les longues soirées d’hiver. Il vous donnera le sourire, vous séduira en douceur et, peut être comme moi, vous vous rendrez compte de l’impact de ce film plus tard, signe que vous avez été touché  à votre insu !